Le roi Charles III applaudit le président américain Donald Trump après son discours lors d'une cérémonie d'accueil sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 28 avril 2026 ( POOL / Henry NICHOLLS )
Devant le roi Charles et dans un déploiement de pompe rare pour la Maison Blanche, Donald Trump a affirmé mardi que les Etats-Unis n'avaient pas "d'amis plus proches que les Britanniques", sans aucune allusion aux fortes tensions entre Londres et Washington à propos de la guerre en Iran.
Le président américain, très friand de fastes monarchiques, a reçu Charles III et la reine Camilla avec des militaires en tenue d'apparat, une fanfare, 21 coups de canon et un survol par des avions de combat.
Après la Maison Blanche, le roi est arrivé au Congrès, où il prononcera un discours dans l'après-midi.
Il y assurera que le Royaume-Uni et les Etats-Unis "ont toujours su trouver des moyens de se rassembler", selon des extraits de son discours.
Les commentateurs guetteront aussi la moindre allusion, même très détournée, aux victimes du pédocriminel Jeffrey Epstein, dont son frère Andrew était un ami.
- "Ironique" -
"Quelle belle journée britannique", a blagué le président américain au début de la cérémonie d'accueil à la Maison Blanche, devant des invités frigorifiés et trempés par une pluie intermittente.
Le président américain Donald Trump, la Première dame Melania Trump, le roi Charles III et la reine Camilla de Grande-Bretagne assistent à une cérémonie d'accueil sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 28 avril 2026 ( AFP / Mandel NGAN )
"Depuis que nous avons obtenu notre indépendance, il y a plusieurs siècles, les Américains n'ont pas eu d'amis plus proches que les Britanniques", a déclaré le président américain ajoutant que les deux pays entretenaient une "relation spéciale et nous espérons qu'il en sera toujours ainsi".
En cette année des 250 ans de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis, marquant la rupture des colonies britanniques avec la Couronne, Donald Trump a certes jugé "ironique" de célébrer ainsi le roi d'Angleterre.
Le président américain Donald Trump reçoit le roi Charles III lors d'une cérémonie d'accueil sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 28 avril 2026 ( AFP / Henry NICHOLLS )
Mais le dirigeant républicain a justifié cet accueil fastueux par les liens de "sang" entre les deux nations, déclarant que les colons venus de l'autre côté de l'océan avaient apporté "le noble esprit britannique sur un continent sauvage et indompté".
Donald Trump et Charles III ont ensuite eu un entretien privé dans le Bureau ovale.
Le président américain, qui avait été enchanté de l'accueil fastueux reçu au Royaume-Uni l'an dernier, a lancé ensuite à des journalistes: "C'était une très bonne réunion, c'est une personne fantastique."
Leurs épouses, toutes deux chapeautées et vêtues de clair, ont participé à un événement consacré à l'éducation et à l'intelligence artificielle.
Le dispositif de sécurité était serré au possible, après qu'un homme armé a tenté samedi à Washington de forcer l'entrée d'un gala auquel assistaient le président américain et son épouse.
Cette dernière a assuré mardi à la presse qu'elle se sentait "très bien", après cet incident.
- "Relation spéciale" -
La Première dame Melania Trump (d) et la reine Camilla assistent à une cérémonie d'accueil sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 28 avril 2026 ( POOL / Chris Jackson )
Avant que le couple royal ne revienne à la Maison Blanche pour un banquet en soirée, Charles va prendre la parole durant une vingtaine de minutes devant le Congrès américain.
Il est le deuxième souverain britannique seulement à s'exprimer sur la colline du Capitole à Washington, après un discours d'Elizabeth II, sa mère, en 1991.
Charles III vantera "une des plus grandes alliances de l'histoire humaine", qui traverse pourtant une bien mauvaise passe.
Donald Trump ne décolère pas des réserves exprimées par le Premier ministre britannique Keir Starmer sur la guerre en Iran. Le dirigeant travailliste a notamment refusé l'utilisation de bases britanniques lors des premières frappes américaines.
Charles III compte rappeler que la défense des idéaux démocratiques est "essentielle pour la liberté et l'égalité" et rappellera les multiples alliances qui lient les deux pays, comme l'Otan, une cible de prédilection des foudres du président américain.
Le président américain Donald Trump et le roi Charles III dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 28 avril 2026 à Washington ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )
Seul l'ambassadeur britannique aux Etats-Unis, Christian Turner, a quelque peu troublé l'ambiance. Lors d'un échange mi-février avec des lycéens britanniques révélé mardi par le Financial Times, il a dit que la "relation spéciale" des Etats-Unis était celle les liant à Israël, et non au Royaume-Uni.
Le roi, âgé de 77 ans, reprendra brièvement la parole le soir venu lors du dîner de gala.
Mercredi, le couple royal doit prendre le chemin de New York pour se rendre au mémorial du 11-Septembre, avant de s’envoler jeudi pour le territoire britannique des Bermudes, dans l'océan Atlantique.

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer